Gaspard Chabron, un homme de droit dévolu à la Vicomté

Gaspard Chabron est semble-t-il originaire de Saint Paulien et plus précisément de Soleihac. Il serait né vers 1570, la date de son décès avoisinerait 1650 (1).
Docteur en droit (2), il occupait les fonctions d’avocat en la sénéchaussée et tenait le « siège présidial d’Auvergne, à Riom(3) ». On le connaît aussi juge du marquisat d’Allègre mais surtout de la vicomté de Polignac.
Il est omniprésent dans les actes de la Vicomté à cette époque (4). Chabron est nommé, par exemple, « procureur » du vicomte dans l’acte du 21 janvier 1616 quand Gaspard Armand XVIII fait don aux religieux du prieuré de Polignac d’une maison avec un jardin.
Le vicomte va jusqu’à le nommer dans son testament rédigé le 7 avril 1629. Il lui reconnaît « fort fidèle à son service » et, outre ses gages, lui lègue la somme de 300 livres. Il lui confère une véritable immunité sur ses terres :

« Voulons et entendons qu’il jouisse sa vie durant des offices de judicatures et chastèlenies de nos terres, dont il a esté cy devant pourveu, sans que ladicte jouissance exercée desdicts offices, il y puise estre troublé et recevoir empèchement ».

Plus loin « discret homme Gaspard Chabron, […] juge général en toutes les terres de ladicte vicomté (5) » ou encore en 1675, après la mort de Gaspard Armand XVIII, il est nommé « maistre Chabron, intendant dudict feu seigneur vicomte »

Que d’honneurs pour un seul homme ! Quelles en sont les raisons ?

Il faut simplement savoir que Gaspard Chabron (6) a rendu à la famille un des plus vibrants hommages dans son « Histoire de la famille de Polignac » où il fait la synthèse des avis émis par ses prédécesseurs, de Paradin à Savaron, sur les origines de la famille et de son lien avec les Apollinaire.

(1) On peut connaître plus d’éléments sur Chabron dans Jean TORRILHON, Le maître de Craponne, chroniques d’une famille vellave de la Renaissance au grand siècle tirées de ses archives, Nonette : éditions Créer, 1980, p. 80-92.

(2) Il apparaît au château dans un hommage de 1600 en qualité de « docteur en droictz ». A. JACOTIN, Preuves …, Tome IV, p. 446-447, Document n° 774, d’après les archives de M. le comte de Polignac.

(3) Cf. Foi hommage de 1601. Archives départementales de Lozère, E. 340.
(4) Preuves t. III, p. 138, 153, 161, 170, 173, 181, 206, 209, 218, 224, 304, 400 ; t. IV, p. 446, 447, 449, 483, 490, 495.
(5) Dans une mainlevée de l’opposition formée par Pierre de Frétat poursuivie par le vicomte devant le sénéchal d’Auvergne- 28 août 1638.
(6) Citons qu’il existait de la même famille, Guillaume Chabron, jésuite, auteur d’une « Philosophie » imprimée en 1650, qui mourut à Toulouse en 1670.